
Elles arrivent parfois sans prévenir. Une chaleur qui monte, le visage qui rougit, le cœur qui s’accélère, quelques gouttes de sueur… Et parfois cette pensée qui surgit aussitôt : “pourvu que personne ne le remarque”.
Les bouffées de chaleur font partie des manifestations les plus fréquentes de la (péri)ménopause. Certaines femmes les ressentent à peine, d’autres les vivent plusieurs fois par jour ou pendant la nuit, avec un véritable retentissement sur le sommeil, l’énergie, les émotions ou simplement la liberté de vivre leur journée comme elles le souhaitent.
Mais que se passe-t-il réellement dans notre corps ?
Et surtout : sommes-nous condamnées à attendre que cela passe ou existe-t-il des moyens d’agir?
Un thermostat devenu plus sensible
Pour comprendre une bouffée de chaleur, imaginons un instant que notre cerveau possède un thermostat intérieur.
Chez une personne qui dispose d’une zone de confort thermique suffisamment large, une petite variation de température ne déclenche rien de particulier.
Autour de la ménopause, les modifications hormonales, notamment la diminution des œstrogènes, perturbent les mécanismes cérébraux impliqués dans la thermorégulation. La recherche décrit notamment un rétrécissement de la zone de neutralité thermique : en quelque sorte, notre thermostat devient plus sensible. Une variation plus faible peut suffire à déclencher les mécanismes permettant au corps d’évacuer de la chaleur : les vaisseaux sanguins de la peau se dilatent, la transpiration peut apparaître.
La bouffée de chaleur est bien une manifestation physiologique, liée aux changements de la transition ménopausique. Elle n’est ni imaginaire, ni simplement « dans la tête ».
Et pourtant, cela ne raconte pas toute l’histoire.
Une même bouffée de chaleur, une expérience différente
Deux femmes peuvent-elles vivre exactement de la même manière une sensation d’intensité comparable ?
Probablement pas.
Car entre ce qui se produit dans notre organisme et ce que nous vivons, notre cerveau reçoit, traite et interprète en permanence une multitude d’informations.
Nos sensations, notre attention, nos perceptions, nos émotions ou encore l’état de notre système nerveux participent à cette expérience.
On pourrait comparer cela au volume d’un morceau de musique : la mélodie existe, mais la façon dont nous l’entendons dépend aussi de son niveau sonore.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il suffirait de « décider » de baisser le volume d’une bouffée de chaleur. En revanche, cette distinction ouvre une question particulièrement intéressante :
si nous ne pouvons pas décider de ne plus avoir de bouffées de chaleur, pouvons-nous agir sur certains éléments qui participent à la façon dont nous les ressentons ?
C’est ici que l’autohypnose devient intéressante
L’hypnose n’agit pas en faisant disparaître artificiellement ce qui se passe dans le corps.
Elle permet de travailler autrement avec l’attention, les sensations, les perceptions et les émotions, notamment à travers des suggestions adaptées.
L’expérience hypnotique permet ainsi d’explorer d’autres façons de porter son attention sur une sensation, de mobiliser ses propres ressources et progressivement de découvrir d’autres manières de ressentir ou de réagir.
Autrement dit, il ne s’agit pas de demander au corps de ne plus produire une manifestation physiologique.
Il s’agit d’explorer la marge d’action dont nous disposons dans l’expérience que nous en faisons.
Et cette piste n’est pas seulement théorique.
Hypnose et bouffées de chaleur : que dit la recherche ?
Les recherches menées sur l’hypnose et les symptômes vasomoteurs de la ménopause sont particulièrement intéressantes.
Dans un essai clinique randomisé publié en 2013 auprès de 187 femmes ménopausées, l’hypnose clinique a été associée à une diminution significativement plus importante de la fréquence et du score des bouffées de chaleur que dans le groupe contrôle. Les chercheurs ont également observé des améliorations concernant leur retentissement sur la vie quotidienne et la qualité du sommeil.
En 2023, The Menopause Society a intégré l’hypnose clinique parmi les approches non hormonales recommandées pour les symptômes vasomoteurs, avec un niveau de preuve I dans son analyse des données disponibles.
Plus récemment, un essai randomisé portant sur 250 femmes a étudié une modalité particulièrement intéressante : des séances d’hypnose réalisées de façon autonome à partir d’enregistrements audio. Après six semaines, le groupe autohypnose présentait une diminution plus importante du score des bouffées de chaleur et de leur retentissement quotidien que le groupe contrôle utilisant des enregistrements de bruit blanc.
Ces résultats ne signifient pas que l’hypnose remplace les traitements médicaux lorsqu’ils sont nécessaires. Le traitement hormonal de la ménopause demeure notamment le traitement le plus efficace des symptômes vasomoteurs lorsqu’il est indiqué. Sa prescription repose sur une évaluation individuelle de ses bénéfices et de ses risques, mais aussi sur les besoins, les préférences et le choix de chaque femme.
Ces résultats montrent en revanche quelque chose d’important : l’hypnose fait aujourd’hui partie des approches étudiées et recommandées pour les bouffées de chaleur, avec des données récentes particulièrement encourageantes concernant l’autohypnose guidée par audio.
De « je subis » à « je peux aussi agir »
La ménopause est une transition physiologique dans la vie d’une femme. La reconnaître comme telle ne signifie pas pour autant qu’il faille rester passive face à ses manifestations.
Comprendre ce qui se passe change déjà le regard que l’on porte sur son expérience.
Puis vient une autre étape : découvrir ce qui, parmi les différents leviers disponibles, peut nous aider.
C’est dans cette articulation entre connaissances scientifiques, compréhension des mécanismes et expérience de l’autohypnose qu’a été conçu le parcours consacré aux bouffées de chaleur dans Lunes d’Elles®.
Des séances guidées permettent d’explorer progressivement cette capacité à mobiliser ses propres ressources et à agir sur la façon dont certaines sensations sont vécues.
Le blog peut vous expliquer pourquoi cette possibilité existe.
L’expérience de l’autohypnose permet, elle, de découvrir ce qu’elle peut changer pour vous.
Pour aller plus loin
Inserm. Ménopause – La science pour la santé.
Trémollières F. Comprendre la ménopause. Physiopathologie des bouffées de chaleur. Médecine/Sciences, 2025.
The North American Menopause Society. The 2023 nonhormone therapy position statement. Menopause, 2023.
Elkins GR et al. Clinical hypnosis in the treatment of postmenopausal hot flashes: a randomized controlled trial. Menopause, 2013.
Elkins GR et al. Self-Administered Hypnosis vs Sham Hypnosis for Hot Flashes: A Randomized Clinical Trial.


